Conférence Louis MANDRIN, Brigand ou héros ?

Résumé

Situation politique et géographique de la France et de la Savoie en 1725

Le futur LOUIS XV est baptisé le jour de sa naissance au château de Versailles par Henri-Charles du CAMBOUT, duc de COISLIN, évêque de Metz, premier aumônier du roi et neveu de notre prieur de Gaye. LOUIS XV ne sera pas un roi guerrier mais subira la guerre de 7 ans avec l’Angleterre et aussi avec la Prusse qui veut s’emparer des provinces italiennes possédées par la France.  Côté Savoie, le duc VICTOR-EMMANUEL II de Savoie, possède la Savoie et la Sicile, et échange cette île lointaine avec l'empereur d'Autriche contre la Sardaigne plus proche. La Sardaigne ayant le statut de royaume, il portera désormais le titre de « Roi de Sardaigne ».

Le système des impôts et des fermiers généraux

La Ferme générale et les fermiers généraux qui sont les relais de l’Etat pour le prélèvement des impôts dans les provinces de France.

Les impôts indirects comme la gabelle sur le sel, les aides sur les boissons, les traites ou douanes, sont collectés par la Ferme Générale. Cette organisation comprend 40 Fermiers généraux dont le brevet est vendu par le Roi ; 250 Sous-fermiers sont répartis en province avec des milliers de directeurs, inspecteurs, contrôleurs, commis, receveurs, brigadiers, agents du fisc aussi appelés « les gâpians » (qui sont des oiseaux qui cherchent de la nourriture dans les interstices des rochers en bord de la mer). A ce système on ajoute une milice, des lois d’exception et des tribunaux spéciaux dont les juges sont nommés par les Fermiers eux-mêmes. Les produits du sol, vin, sel, tabac, la fabrication et le transport de marchandises, les ventes et  transactions sont frappés de droits onéreux, mais ceux-ci sont prélevés selon le bon vouloir des Fermiers généraux. Le principe est que le Fermier général doit remettre chaque année dans les coffres de l’Etat la redevance fixée par son bail de 6 ans. Mais ensuite il est libre d’appliquer les tarifs qu’il veut auprès des contribuables et ce qu’il verse à l’Etat ne représente donc qu’une infime partie de ce que le Fermier a prélevé. Très riches, corrompus et cupides, ces 40 Fermiers sont méprisés par la noblesse et haïs par le peuple qui les nomment « les pillards généraux ».

Qui est la famille MANDRIN ?

Louis MANDRIN est né à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs en Isère près de Grenoble le 11 février 1725. Il est fils de François-Antoine MANDRIN, marchand-boutiquier et maquignon à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs et de Marguerite VEYRON-CHURLET, aussi issue d’une famille de commerçants. C’est une famille ancienne et de vieille bourgeoisie : L’ancêtre de Louis, Moïse MANDRIN, était marchand à Bressieux. Il en était même le Consul et avait épousé Marguerite GUILLET issue d’une famille de notaires. Maurice, fils ainé de Moïse MANDRIN, fut également Consul à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs où la famille vit depuis 1617. C’est lui qui achète une « maison noble » de 3 étages qui sera la maison de famille des MANDRIN à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs à partir de 1644. Son fils Pierre-Maurice, né en 1655 fut instruit au collège des Jésuites de Grenoble. L’un de ses fils François-Antoine est le père de Louis MANDRIN. Malheureusement, ce dernier meurt prématurément en janvier 1742. Louis, malgré son jeune âge, suit les traces de son père dans le commerce des chevaux et des mulets aux grandes foires de la région, achète aussi des terres, construit des écuries, loue des prairies. A 20 ans, c’est un maquignon d’expérience. Mais la vie est difficile et Louis MANDRIN s’endette sans pouvoir rembourser.

Suit une longue descente aux enfers

Le 1er mai 1748, il conclut avec les banquiers de Lyon et les fermiers généraux un contrat pour la fourniture de 97 mulets harnachés destinés aux troupes du maréchal de Belle-Isle engagées dans l’Italie du Nord. Pour financer les achats des bêtes et du matériel, il engage tous ses biens ainsi que l’aide financière de 2 compagnons, Claude BRISSAUD et Pierre JACQUIER. Les 3 hommes conduisent les mulets par la vallée du Rhône jusqu’à Arles puis arrivent à Nice le 27 mai 1748. En juin, ils transportent du riz, du pain et du bois aux camps de Menton et Vintimille mais perdent plusieurs mulets dans des précipices. Par manque de chance pour eux, le maréchal de Belle-Isle qui négociait l’évacuation de l’Italie, renvoie une partie de ses troupes en France, ce qui entraine une importante réduction des besoins de subsistance : les mulets de MANDRIN sont donc devenus inutiles. En regagnant le Dauphiné, de nombreuses bêtes tombent malades et meurent ou sont vendues dans des conditions très désavantageuses. A l’arrivée à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, il ne reste que 16 mulets. Une catastrophe !!! En effet, le contrat ne prévoie des indemnités que pour les mulets tués au cours d’opérations militaires ou ayant péris au passage d’un gué. Louis MANDRIN s’adresse à l’administration des Fermes mais il n’obtient rien.

C’est le point de départ de la haine de Louis MANDRIN contre les Fermiers généraux qui n’ont pas honoré leurs engagements, lui faisant perdre 40 000 livres.

L’escalade continue. En effet le 29 mars 1753, le représentant de l’intendant vient pour procéder au tirage au sort des hommes appelés à servir dans la milice qui complète l’armée régulière, le principe étant un tirage au sort d’hommes de 18 à 40 ans qui doivent faire leur service (nobles et bourgeois étaient exemptés). Impossible de s’y soustraire sauf si un appelé parvient à arrêter un déserteur ou un réfractaire… Evidemment ce système amène de fortes tensions dans la population. Claude BRISSAUD, l’ancien associé de Louis MANDRIN demande au délégué de l’intendant la permission que son fils Benoît soit dispensé en raison de l’extrême pauvreté de la famille, de ses dettes à rembourser et du handicap dont le père souffre. Refus du délégué. Le fils BRISSAUD décide donc de fuir et est déclaré réfractaire. Un laboureur d’un village voisin, Pierre ROUX, désigné par le sort, décide de capturer Benoît BRISSAUD pour être lui-même libéré de la milice. Louis MANDRIN soutient Benoît BRISSAUD et une fusillade a lieu. Le père et le frère de Pierre ROUX sont tués. Benoît BRISSAUD est arrêté puis pendu, Louis MANDRIN, parvient à s’enfuir mais est exécuté par effigie et déclaré hors la loi par le Parlement de Grenoble, ce qui l’amène dès lors à vivre dans la clandestinité (dans des grottes, des forêts), en cavale permanente.

Quinze jours plus tard, Pierre, le frère de Louis MANDRIN, est accusé de faux-monnayage (fabrication de fausse monnaie) et arrêté sur dénonciation puis condamné à mort le 21 juillet 1753 et pendu le même jour place du Breuil à Grenoble.

Mandrin, capitaine des contrebandiers

C’est à ce moment que Louis MANDRIN entend parler d’un contrebandier local, Jean BELLISSARD. Le 25 juillet 1753, ce BELLISSARD et sa bande, venant de Savoie franchissent la frontière et envahissent la ville de Pont-de-Beauvoisin pour délivrer un de ses hommes détenu par le directeur des Fermes. Louis MANDRIN décide d’entrer dans cette bande. On suppose que les qualités de MANDRIN devaient être éclatantes pour que la passation se fasse et que BELISSARD accepte d’être sous les ordres de MANDRIN. De plusieurs sources, il semble que MANDRIN ait eu une vocation militaire qui en a fait naturellement un commandant incontesté de sa bande.  Même l’abbé REGLEY, notoirement anti-MANDRIN, auteur de la première histoire de Louis MANDRIN après sa mort, concède qu’il avait une éloquence naturelle qui persuadait facilement, une imagination vive, du courage pour former de grandes entreprises et de l’audace dans le succès.

Mandrin est décrit ainsi : teint clair, cheveux longs et bouclés, blond tirant sur le roux, yeux marron clair, taille moyenne de 5 pieds 4 pouces (1,71m), traits du visage assez accentués, nez un peu fort, bouche assez grande, mâchoire carrée, menton pointu et fourchu. Il est naturellement gai et ses compagnons l’ont surnommé « Belle Humeur ». Sa nature est ardente et explosive mais il évolue vers une grande civilité et de bonnes manières. Il fume beaucoup et a un penchant pour la boisson et la bonne chère. Côté vestimentaire, il porte un habit gris à boutons jaunes, un gilet de panne rouge, une ceinture de soie rouge et verte dans laquelle il cale un coutelas et 2 pistolets qu’on retrouve sur les portraits faits de Mandrin. Au cours de sa première campagne, il s’empare d’un chapeau en feutre noir galonné d’or que portait un brigadier des Fermes.

Les membres de sa bande sont recrutés parmi les soldats français déserteurs et des officiers réformés en raison de leur bonne connaissance des armes ; les criminels ne sont pas admis. La bande ressemble à une armée possédant mousquets, pistolets de ceinture, 2 pistolets d’arçon, 2 pistolets de poche et couteaux de chasse). Les contrebandiers montent des chevaux de montagne de petite taille, très robustes et agiles à la fois.

En quoi consiste au juste la contrebande ?

La lourdeur des impôts indirects favorisent la contrebande en particulier en Dauphiné, province pauvre et frontalière avec la Savoie qui n’est pas française. Les contrebandiers sont appelés des margandiers ou camelotiers. Avant 1700, la contrebande est une ressource pour les très pauvres gens qui transportent sur leur dos des petites quantités de marchandises par les chemins détournés de montagne : on les appelle les « porte-cols ». Le plus souvent il s’agit de sel, d’allumettes soufrées et de tabac. Mais plus tard, la contrebande se pratique en bandes très organisées aussi bien dans l’achat, la revente, le stockage, le transport, les relais, les filières ainsi que le contrôle et la protection des marchandises. La bande de MANDRIN compte entre 12 (selon le tribunal de Valence qui le jugera) et 100 contrebandiers à cheval (selon l’espion MARSIN à la solde du Roi). L’augmentation des soldats déserteurs permet un recrutement facile et qualifié. Les marchandises de contrebande évoluent au cours des années et au tabac, on ajoute des tissus, et aussi beaucoup d’armes et de livres de prières destinés aux protestants car la Réforme de Luther et le Calviniste font beaucoup d’émules dans cette région. La Suisse et la Savoie constituent les refuges de la troupe de MANDRIN et c’est également là que les contrebandiers s’approvisionnent et constituent leurs dépôts d’armes, de marchandises et d’argent. La Suisse accueille avec bienveillance ces hommes sur son territoire car ils contribuent activement à l’exportation de nombreux produits de son agriculture et de son industrie : tabac, tissus, montres, bijouterie. Le trafic illicite de tabac s’est organisé en France dès que Colbert a déclaré privilège royal la vente de tabac en 1674. En 1730, le tabac rapporte 7 millions et demi de livres tournois à l’Etat et plus de 30 millions en 1789. Il s’agit de tabac à priser et à chiquer. Les prix pratiqués par les contrebandiers sont très attrayants car là où les Fermes vendent 5 livres les 500 g de tabac, la contrebande les vend 50 sols. Et sur cette marchandise, MANDRIN fait déjà un beau bénéfice puisque le tabac est acheté en Suisse 18 sols les 500 g. Il y a aussi les tissus et toiles de coton peintes aux Indes interdits en France car ils font concurrence aux manufactures royales. Également les mousselines et flanelles de Suisse et les montres et bijoux de Genève, du vin, des alcools, de la poudre de chasse, et comme dit précédemment, des livres pieux imprimés en Suisse pour les protestants. Il a même été rapporté que la Suisse élève à l’intention des contrebandiers des chevaux d’une qualité supérieure qui jouent un grand rôle dans le succès de la bande à MANDRIN.

Qui achète les marchandises de contrebande ?

Le peuple est la cible des Fermiers généraux. Le sel est taxé. Mais une famille qui ne consomme pas assez de sel, est contrainte de payer une amende ! La population soutient les contrebandiers. Les paysans, les cabaretiers, certains curés de campagne donnent facilement asile aux contrebandiers ou acceptent de cacher leur marchandise. Les valets de campagne reçoivent parfois la permission de leurs maîtres de s’absenter pour servir de guides dans la montagne. Le commandant des troupes du Dauphiné écrit en 1754 qu’il est persuadé que certains gentilshommes toléraient aussi les dépôts de contrebande dans leurs châteaux. Il affirme aussi que le contrôleur général d’Auvergne De BOISLILLE lui a signalé que plusieurs nobles de sa province faisaient savoir au son du tambour que celui s’enrôlerait dans le régiment des faux-sauniers (la contrebande du sel), se verrait attribuer un cheval et 60 livres Tournois. Certains faisaient sonner le tocsin à l’approche des bandes de margandiers afin d’avertir la population. Le développement de la contrebande amène le ministre de la Guerre à faire stationner en 1754 un détachement de 1 000 fusiliers et 500 dragons commandés par le colonel Alexis de La MORLIERE dans la région de Pont-de-Beauvoisin, un point névralgique à la frontière entre France et Savoie, ainsi qu’un cordon allant du Jura jusqu’à la Méditerranée. L’historien Louis BLANC estime à 150 000 hommes mobilisés ! Quand on sait que MANDRIN déjouera longtemps ce dispositif, on en déduit la grande admiration que ses contemporains vouent au petit maquignon de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs pour ses actions d’envergure et pleine d’audace. STENDHAL écrit : « MANDRIN a eu 100 fois plus de talent militaire que tous les généraux de son temps. Il est évident que pour parvenir à occuper des villes bien défendues et s’y comporter en maître, il faut de l’intelligence, de l’esprit de décision et de l’audace ».

Louis MANDRIN organise 6 campagnes de contrebande en France au cours de l’année 1754.

Petit résumé : 1ère campagne du 2/01 au 05/04/1754 vers Romans, St Etienne de St Jouarre, et Rodez.

2ème campagne du 06/06 au 09/07/1754 vers la vallée du Grésivaudan, Montélimar, Millau, Saint Rome du Tarn, St Affrique, Rodez, Mende. A partir de ce moment, en France et à l’étranger, MANDRIN est appelé « Capitaine général des contrebandiers ».

3ème campagne en juillet-août 1754 à travers la Franche-Comté, puis Lyon et l’Auvergne.

4ème campagne du 20/08 au 05/09/1754 vers Brioude et Montbrison.

5ème campagne du 04/10 au 29/10/1754 (la plus importante entreprise par MANDRIN) vers Nantua, Bourg-en-Bresse, Roanne, Thiers, St Etienne, Cluny. Au cours de cette campagne, Mandrin aurait proposé à l’intendant de Bourgogne et de Bresse de quitter la contrebande pour devenir soldat du Roi, sollicitant du même coup la grâce du Roi. A quoi le ministre de la Guerre répondit : « Concernant l’amnistie qui vous a été demandée pour MANDRIN, comme il a été condamné à mort pour fausse monnaie, il ne doit point espérer de grâce, et d’ailleurs il serait de mauvais exemple de traiter avec des gens de cette espèce ». On voit dans ce refus la confusion entre Louis et son frère Pierre. Et l’intendant de regretter cette décision qui aurait fait rentrer MANDRIN dans la légalité, au vu de ses qualités de commandement et tactique militaires.

6ème campagne du 15/12 au 26/12/1754 vers Besançon, Beaune, Autun, la Provence, le Comté de Nice, le Piémont tet Turin. Pour la 2nde fois, Mandrin est blessé et son lieutenant est fait prisonnier.

L’enlèvement de MANDRIN en territoire sarde et condamnation

En Suisse et en Savoie, MANDRIN vit très confortablement et fréquente la haute noblesse de la région et les meilleures familles, y compris les présidents du parlement de Grenoble appartenant au royaume de France mais qui vivent en Savoie. Le cantonnement régulier de sa troupe est situé à une lieue de la frontière française, au château de Rochefort en Novalaise, propriété de M. PIOLENC de THOURY, justement président du parlement du Dauphiné. Sur dénonciation du lieu où se trouve MANDRIN en Savoie, une opération d’enlèvement est décidée. Dans la nuit du 10 au 11 mai, 500 hommes composés d’argoulets (Soldat de cavalerie légère et arquebusiers à cheval) et d’employés des Fermes, franchissent la frontière franco-sarde par un gué de la rivière Guiers-vif et envahissent la cour du château de Rochefort en Novalaise. MANDRIN et son lieutenant SAINT PIERRE le CADET sont fait prisonniers et le colonel de la MORLIERE qui attend sur la berge de l’autre côté de la frontière, les fait conduire aussitôt vers Valence où ils sont incarcérés. La commission de Valence a été créée sur demande des Fermiers généraux le 31 mars 1733 « pour instruire et juger toutes les affaires criminelles en rapport avec le port d’armes et le trafic de marchandises prohibées et du tabac en particulier ». En un peu plus de 30 ans, 766 accusés de contrebande seront condamnés à la pendaison (dont une femme), à être rompus vifs, à la roue ou aux galères. Les magistrats de Grenoble appellent cette Commission « le tribunal du sang ». Huit heures d’interrogatoires par jour et une instruction de 10 jours sans entendre aucun témoignage en faveur de MANDRIN, qui reconnait les faits de contrebande mais nie les assassinats. Il est établi que Mandrin n’a pas subi la torture et qu’il n’a pas dénoncé ceux de sa bande que le tribunal ne connaissait pas. Le jugement est rendu le samedi 24 mai 1755 au soir et notifié au prisonnier le 26 mai par le greffier de la Commission. Après l’énumération des crimes imputés, MANDRIN est condamné à être rompu vif, le jour même à 5h00 du soir.

Conséquences diplomatiques de « l’affaire MANDRIN »

Le marquis d’ARGENSON, frère du ministre de la guerre, écrit : « MANDRIN a été pris dans un château de Savoie, à quatre lieues de la frontière … il y a eu violation de territoire ». Le roi de Sardaigne, invoquant le mépris des lois internationales (non seulement il y a eu violation des droits de souveraineté, mais aussi enlèvement avec violence de personnes jouissant de l’immunité), présente ses vives protestations à LOUIS XV et ses exigences : restitution des prisonniers, indemnités de dommages, et sanctions contre les responsables de l’expédition. On se doute que le roi de Sardaigne se soucie peu de MANDRIN, qu’il considère comme un brigand mais il ne peut tolérer la violation de sa souveraineté, même de la part du plus grand monarque d’Europe. Les Anglais exultent et proposent que le Piémont intègre l’alliance anti-française. Malheureusement la commission de Valence statue en urgence alors que l’échange des lettres diplomatiques entre les 2 royaumes est très lent. Louis XV est contraint d’envoyer ses excuses solennelles au Roi de Sardaigne et de nommer un ambassadeur de très haute lignée auprès du Roi de Sardaigne pour le représenter noblement.

Alors, MANDRIN Brigand ou Héros ?

Voltaire est admiratif et écrit dans une lettre du 14 janvier 1755 : « ce MANDRIN a des ailes et a la vitesse de la lumière. C’est un torrent, c’est une grêle qui ravage les moissons dorées de la Ferme. Le peuple aime ce MANDRIN qui a l’accord des populations excédées des abus sous lesquels elles succombent et cela lui donne de la vigueur. LE PEUPLE PORTE INTERÊT A CELUI QUI MANGE LES MANGEURS DE GENS ». Dans son œuvre Candide, Voltaire énumère les fléaux de l’humanité : « la vérole, la peste, la pierre, la gravelle, les écrouelles, l’Inquisition et la Chambre de Valence. »

Et comme VOLTAIRE, MONTESQUIEU et STENDHAL se sont accordés à louer sa révolte contre l’ETAT.

Le souvenir de MANDRIN est si ancré dans l’esprit de toute la région, que les habitants de St Etienne de St Geoirs sont appelés les MANDRINOTS.

 

Exposition photos les rues de Gaye hier et aujourd'hui